vendredi 28 février 2014

Parfoi avoir une tête de chien est la meilleure des choses qui puisse leur arriver.





Ils s’appellent Suly, Sallie, Sunny. Mina, Mimi, Minette ou Mimine. Ils sont grands, petits, gras, parfois gros. Attachant, agaçants, pots de colle ou distants. Ils ont des gueules.
Ce sont les chiens et les chats que je croise lorsque je franchi la porte de certaines maisons. Dans le village où je travaille, il y a des quartiers à chats et des quartiers à chiens, avec toujours un minimum de chats. C’est comme ça. Et c’est comme si les voisins s’étaient accordés.

Si j’entends aboyer en sonnant à la porte, je me méfie, surtout si le chien ne me connait pas. Si je vois un chat entre deux voitures au moment de quitter la maison de mes patients, je vérifie rapidement si un félin n’est pas venu se réfugier sous mon véhicule.

Mais qu’ils réveillent nos craintes,  excitent notre curiosité ou amadouent les plus récalcitrants. Ces bêtes à poils sont avant tout l’identité de leurs maitres, la pièce maitresse de la chaumière.

jeudi 27 février 2014

Ce n’est pas facile de ne pas juger.




Cette bonne dame n’est pas trop fertile. Depuis quatre ans ils tentent d’offrir une fratrie à leur ainée. «Pourtant ça avait bien marché pour la première, on comprend pas !». J’sais pas ma bonne dame, vous savez des fois, la nature a besoin d’un coup de pouce, ou d’injections dans les fesses pour que ça marche ! Depuis 7 jours elle supporte en grinçant des dents les injections censées relancer ses ovaires un peu feignants.

Et ce soir, c’est LA dernière injection : celle qui va peut être déclencher l’ovulation ! Celle qui va peut être permettre à un amas cellulaire de passer du stade de framboise, à ravioli de crevette puis, à Bébé !

mercredi 26 février 2014

Il y a des jours, où une simple discussion peut vous faire tressauter le cœur.


- vous m’avez dis que votre nom c’était quoi ?



" Héry " (les noms ont été changés afin de conserver l'anonymat). Pendant que je m’affaire à prélever le sang de son mari dans divers petits tubes, la petite mamie cherche, elle me regarde, fronce les sourcils, elle y met du sien et veut savoir qui je suis, d’où je viens. Elle venait de me dire qu’elle regrettait de ne plus avoir à faire à son ancienne infirmière. Et à la regarder, c’était évident que je ne pouvais pas faire le poids face à celle qui intervenait chez eux depuis près de 30 ans. Héry, Héry… Devant son envie d’en savoir plus, je lui ai conté mes racines...

Mes arrières grands-parents ont travaillé en tant qu’intendants au château de la Lemonnière, dans la commune d'à côté. A peine avais-je prononcé le nom du domaine qu’elle a relevé son visage vers moi : ses yeux pétillaient et son regard avait 20 ans.


- Vous êtes la petite fille de Camille ? Incroyable…

Dire que " ça va aller " est tout simplement impossible.




La toute petite dame est agitée et un peu débraillée sur le pas de sa porte ce matin : « oh, vous êtes là, mais j’allais aller chercher mon courrier ! ». Elle avait sa clé à la main et les larmes aux yeux. Je l’invite à rester au chaud et sors ma casquette de factrice.

Je la suis jusqu’à son salon. Elle traine des pieds alors que ce n’est pas son habitude, sa chemise sort de son pantalon et elle a l’air négligée alors qu’elle est d'ordinaire coquette. Dans la maison ça ne sent pas le parfum et il y a des miettes plein la table alors que le petit dèj’ est digéré depuis longtemps.