lundi 14 avril 2014

Il y a des jours où l'on s’en veut d’avoir jugé trop vite.




"Au revoir Madame, à jeudi !". 
C’est avec le sourire que je refermais la porte derrière moi, alors que trente minutes plus tôt, j’attendais, frileuse et sans entrain, qu’elle s’ouvre.

- Mais si rappelez-vous ! Vous êtes venus me voir cet été alors que vous faisiez des remplacements dans le cabinet de la commune d’à côté ! Elle insistait lourdement au moment de la prise de rendez-vous par téléphone : "Bien sûr que je me rappelle de vous Madame… !". De toute évidence ma mémoire était aussi performante que celle d’un poisson rouge et ma franchise touchait le fond de son bocal.

C’est alors qu’en garant ma voiture devant chez elle, j’ai reconnu la sienne : "oh … !".

vendredi 4 avril 2014

On dit " Au revoir " et où on s’entend dire " Adieu ".






- au revoir Monsieur ! Je vous laisse entre les mains de mon collègue pour la semaine, reposez vous bien, on se revoit la semaine prochaine.

En lui serrant la main, je me suis écouté lui parler et ce que j’ai entendu c’est : "je ne vous reverrai pas, vous serez certainement mort, je vous ai dis ça pour ne pas vous inquiéter.". J’ai remis sa main sous la couverture chaude et ai posé la mienne sur son épaule en lui souriant. J’ai trouvé ça horriblement cliché et je me suis demandé si mon trop plein d’empathie lui avait mis la puce à l’oreille. Mais il s’était déjà endormi. La tête légèrement penchée sur le côté, il était serein, laissant une femme plantée là, au pied du lit, bourrée d’angoisse à l’idée de voir mourir son amour. Elle avait compris ce que signifiait cette main sur l’épaule et ce sourire empathique qui pu la mort :