jeudi 26 février 2015

Le blog et la page Facebook fêtent leur 1 an !!

26 février aujourd'hui : 

le blog et la page facebook fêtent leur 

1 an !  

Wouhouuu !


Et les chiffres sont justes hallucinants de bonheur et de paillettes roses :
  • Plus de 700 membres (des nanas pour 85 % d'entre vous !) qui me suivent sur la page facebook de C'est l'infirmière !
  • Plus de 30 000 visites d'à travers le monde sur le blog : des français, des canadiens, des américains, des marocains, des anglais, des allemands et j'en passe... C'est juste dingue !
  • 27 chroniques "Il y a des jours où...", que je rédige pour vous faire partager ces petits moments passés auprès de mes patients, que j'ai trouvé poignants et attachants,
  • 34 brèves "Et pendant ce temps là...", comme autant de petites pointes d'humour et de réflexions sur ma profession,
  • 4 coups de gueule et autant de coup de cœur pour tenter de faire réagir, réfléchir ou sourire...
Merci pour vos nombreuses visites et vos petits mots laissés sur le blog et sur facebook,
Merci pour l'ambiance paillettes, licorne et chatons-mignon à laquelle vous contribuez largement !
Vous me donnez l'impression d'être un panda rose emmitouflé dans un nid de coton hydrophile, et dans ces conditions là, je ne peux qu'avoir envie de continuer !

Encore MERCI et plein de biisous mes chatons !

"C'est l'infirmière !" par Mathou des Crayons d'Humeur (tous droits réservés !)

lundi 23 février 2015

Coup de coeur infi' # 4 : "Le tatoueur de tétons !"

Nous l'avions bien compris dans le précédent coup de cœur infi', le cancer du sein "C'est la merde !". C'est la mouise et la nécessité d'une mastectomie (ablation du sein) oblige bien souvent à se défaire d'une partie importante de son anatomie mammaire : le téton.

Le téton, le mamelon, l'aréole, la papille mammaire... Tout un programme ! Tantôt objet nourricier, tantôt objet de convoitise et de fantasme ou simple petite excroissance importante car omniprésente, cette toute petite partie charnue surplombant le galbe du sein représente parfois tout un symbole pour la femme qui doit alors apprendre à vivre sans... Parce que le cancer du sein ne lui laisse pas le choix.

Pas le choix, à moins de franchir la porte du salon de tatouage de Vinnie Myers : le "Monsieur téton des states" !


Vinnie Myers [photo de John Loomis]



Le salon de tatouage, le "Little Vinnies Tatoos" dans le Maryland aux Etat-Unis, accueille depuis 22 ans des femmes prêtent à traverser le pays et l'océan pour remettre entre ses mains une poitrine reconstruite après un cancer du sein.

vendredi 20 février 2015

Il y a des jours où un texto vous éraille les yeux et le cœur.



 […] et puis pour finir, j’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer… »


Comme à chaque fois que je me rends chez toi, j’entre sans attendre après avoir fais tinter la cloche de la façade, comme l’indique le mot écrit de ta main et qui barre la sonnette que je n’ai jamais vraiment vu fonctionner. Toi, la bricole ça n’a jamais été ton truc. Tu te rappelles du vieux tournevis rouillé que tu m’avais sorti du fond de ton jardin pour m’aider à ouvrir la pompe à chimio de ta femme ? Certainement un vestige d’une vieille envie de bricolage, on avait bien ri toutes les deux devant ton air de bricoleur-fier !

La première fois que j’ai passé le pas de ta porte, tu m’as salué d’un « Bonjour mon p’tit cœur ! », et tu m’avais même fais la bise en m’enserrant les épaules avec toute la tendresse possible que le permettaient tes grandes mains. La bise, le tutoiement et le sourire qui va avec, c’est ta façon à toi de montrer que tu tiens aux gens et que tu prends plaisir à les accueillir dans ta maison. 

Alors que je traverse la cuisine, en m’enivrant au passage des odeurs de café, de thé et de pain grillé, je me laisse guider par le son de France Inter émanant de la salle à manger où m’attend « ta petite femme chérie » comme tu aimes l’appeler. Je devine, sans encore l’avoir vu, qu’elle sera installée dans son fauteuil face à la baie vitrée donnant sur votre joli jardin plein de mésanges engraissées au tartines de pain grillé-beurré. Qu’elle sera en train de lire le canard enchainé, et qu’elle lèvera les yeux vers moi pour me saluer de son large sourire. Je m’occuperai d’elle, et comme à ton habitude, tu t’assiérais à nos côtés pour « taper la discut’ ». D’ailleurs c’est ce tu sais le mieux faire : te poser et discuter avec les gens, et ça dans le village, on le sait tous.
J’aime bien venir vous voir, et me poser le temps d’un soin dans votre maison dans laquelle on se sent tellement chez nous. Comme à chaque fois, tu vas me proposer un thé, que je ne pourrais refuser parce que ton Earl-Grey est succulent et parce que le temps passe vite à vos côtés et que je voudrais en profiter encore un instant.

 « […] tu sais, il était hospitalisé… Il s’est dégradé… »

Je me rappelle encore la première fois où tu es venu faire une prise de sang au cabinet. Tu t'étais présenté en pyjama, en robe de chambre et en chaussons. J’avais un peu halluciné, mais toi tu m’avais dis que c’était pour « gagner du temps de sommeil, tu verras mon p’tit cœur quand tu auras mon âge ! ». Je n’avais pas cherché plus loin, tout comme le boulanger qui m’en avait parlé et à qui tu avais fais le même coup. A chaque fois, je me demandais, quel pyjama allait me faire honneur, et je dois avouer que j’avais une préférence pour celui avec l’ourson sur la poche côté cœur.

D'étranges petites choses flottent à la surface de mon thé !

 

Le soin terminé, et alors que je suis en train de ranger mon matériel, mon patient me dit :
" Vous prendrez bien une tasse de thé ?"

... Roooh c'était demandé si gentiment ! En plus, j'avais de l'avance sur ma tournée, j'avais soif, dehors il pleuvait et il faisait froid et je n'avais jamais pris le temps de me poser autour d'une tasse avec lui auparavant... Et pour cause, une fois assise à sa table, le nez penché sur ma tasse j'ai compris pourquoi...
Ses sept chats et le bordel chez lui (que je mettais sur le compte de sa vie de bohème) auraient dû me mettre la puce à l'oreille...

... Les (trop nombreux) poils de chats qui flottent à la surface de l'eau (trop) chaude en compagnie de gouttelettes huileuses, c'est euh... Dites moi que c'est une sorte de thé que je ne connaissais pas encore, par pitié !!

Bon, je vais me focaliser sur cette magnifique tasse décoré d'un bonhomme de neige, me re-concentrer sur ce qu'il me raconte et arrêter de chercher une échappatoire (genre plante verte ou évier dans lequel jeter de façon totalement inopinée "oups, vraiment, je suis maladroite !" le contenu brûlant de ma tasse... Au secours

lundi 16 février 2015

Les patients me parlent de botanique !




Appel d'un patient pour une prise de sang :

" J’ai besoin de vous, parce que j'ai ma glycine qui monte (...version botanique de la glycémie...). ‘Faut être à jeun ? "

… Avant de raccrocher, j'aurais dû lui demander de penser à emmener un pot de fleur pour sa "glycine" en plus de sa carte vitale ^^

samedi 14 février 2015

Coup de coeur infi' #3 : "Tchao Günther !" bonheur dans ton coeur !

Il parait qu'aujourd'hui c'est la fête des amoureux j'sais pas quoi... Mais plutôt que de vous parler de diners éclairés à la bougie Ikéa, plutôt que de vous saouler avec des photos de roses rouges perlées de gouttelettes d'amour, plutôt que de pourrir le blog avec des poèmes plein de loooove avec des rimes en lol, laissez-moi vous présenter une nana qui a le mérite d'être connue et reconnue...

L'annonce d'un cancer, ce n'est jamais une bonne nouvelle, ça non. C'est même une saleté d'enclume reçue sur le coin de ton nez, un éternuement dans tes jolies paillettes, un coup porté à ta naïveté de gamin(e) alors que la vie t'avait toujours épargnée ce coup au cœur...

Ouais le cancer, pour être vulgaire : "C'est la merde !"

C'est la merde, mais je vais te présenter quelqu'un qui va te sortir la tête de dedans. Une nana qui dessine. Une incroyable personnalité qui a un cancer du sein (mais ça, au vu du personnage, ça deviendrait presque un détail). Une amazone qui a décidé que son cancer son "Günther" ne l'empêcherait pas de continuer à profiter de la vie.

Je te présente Lili Sohn et son univers "Tchao Günther !" :

Et le décor est planté dès le premier dessin : pas de pitié, pas de larmes, pas de tristesse. Non, "Tchao Günther" c'est un univers coloré à base de paillettes, de chatons, et de legging complétements déjantés portés à chaque chimio !


Son blog est un ramassis de petits bonheurs, une collection d'anecdotes qu'on prend plaisir à relire, une multitudes de vérités tintées d'humour qu'on devrait offrir avec le classeur plein de documentations donné aux patients lors de leur première consultation de cancéro'.

jeudi 12 février 2015

Je rentre mon ventre...

Petite discussion au détour d'un soin ...

"Oui, je viens vous voir pour une prise de sang ce matin... Parce qu'après les différentes séries de stimulations ovariennes que vous m'aviez faite pour tenter d'avoir un enfant, avec mon mari on avait décidé de faire une pause... Marre que ça ne marche pas quoi... Et puis je suis tombée enceinte naturellement quelques mois après, on était ravie, on pensait que ça allait aller... Mais ça n'a pas tenu, j'ai dû aller à l'hôpital pour qu'ils me l'enlève parce que le cœur ne battait plus... J'en ai marre..."

Comment vous dire... J'ai fais mon possible pour rentrer mon ventre et pour le cacher derrière ma "plure" (une espèce de grand gilet en laine informe mais chaud)... Pas facile d'être libérale et enceinte dans ces cas là... 

mardi 10 février 2015

Je suis une Queen-Mum !


Il y a des jours où je passe mon temps à dire bonjour de la main derrière mon volant, au gré de ma tournée, aux patients que je croise dans la rue...

"Bonjour le facteur qui ne semble pas savoir qui je suis mais moi je sais que c'est le facteur parce qu'il a une voiture jaune !",   "Bonjour Madame à qui j'ai pourtant déjà dis bonjour trois fois ce matin et qui en redemande ! -_- ",   "Bonjour le Monsieur qui me met un vent à chaque fois parce qu'il ne me reconnait jamais en dehors de chez lui !" ('va vraiment falloir que je songe à m'imprimer un caducée format A4),  "Bonjour les pigeons qui mitraillent mon pare-brise-tout propre... (Fait chi%*$!) !"...   "Bonjour la petite Mamie qui vient me taper la discut' à ma fenêtre de voiture alors que je voulais juste la saluer en la laissant franchir le passage piéton" (pour info, l'attaque de pigeons a eu lieu à ce moment précis, le sort s'acharne !)...

Des fois, j'ai l'impression d'être une Queen Mum, le côté "Je salue mon peuple" en moins ! ^^

dimanche 8 février 2015

Il y a des jours où sous une couverture léopard, se mêlent la peine, la colère et l’amour.



- Ta gueule !!

Heureusement pour moi, je connaissais bien la maison et ceux qui la peuplaient, sinon j’aurai pu croire que cet accueil m’était destiné. Mais c’est la chienne qui venait d’être baptisée d’un nouveau surnom pour avoir répondu de son aboiement aiguë et criard au tintement de la sonnette de porte. Ce n’était pourtant pas l’habitude de cette famille plutôt introvertie. 
Le cliquetis des clés dans la serrure n’était pas vraiment le même qu’à l’accoutumée et l’ouverture de la porte était nerveuse, presque brutale. Mon sixième sens bien encré au centre de mon plexus me fit une petit pointe et je senti que ça n’allait pas le faire et que ce soin qui ne devait me prendre que quinze minutes allait durer plus longtemps.

Par réflexe et pour tâter le terrain je m’enquis de l’humeur de celui qui venait de m’ouvrir la porte :

- Non ça va pas ! 

En me montrant d’un mouvement de main directif, sa femme, couchée sur le canapé. Leur fille d’à peine vingt ans était accroupie à ses côtés. Elle caressait la chevelure courte de sa mère, clairsemée par les nombreuses cures de chimiothérapie. Ma patiente me tournait le dos, bien emmitouflée dans son épaisse couverture aux motifs léopards.

- Et puis elle refuse de manger là ! Ça va pas, c’est pas possible !! 

Avant d’aller s’enfermer dans son garage. Son lieu de décompression rien qu’à lui dans lequel il avait pris l’habitude de s’enfermer pour bricoler et se couper un peu de l’ambiance, que le cancer de son épouse avait su rendre pesant.

Pour le mari, je verrais plus tard. La priorité était ma patiente. 
Cette femme que je commençais à bien connaitre. D’une humeur jamais vraiment gaie mais jamais déprimée non plus. La croyant au départ antipathique, elle avait su me démontrer que sa nonchalance lui permettait bien au contraire de faire face aux pires situations. « Moi j’ai l’habitude de dire que ça va aller ». Le genre de personnalité dont l’expérience m’aura appris à me méfier, tant il est difficile de cerner le moment où rien ne va plus vraiment.

Et ce fameux moment était en train de se jouer à cet instant même, sous cette couverture. Ma patiente était recroquevillée autant que son corps le permettait, bien calée avec les coussins visant à protéger sa peau des points de pression pouvant lui créer des escarres. Les larmes lui coulaient sur les joues alors qu’elle se forçait, une paille dans la bouche, à boire le contenu infâme d’une boisson hyper-protéinée dont le goût de «café » n’en avait que le nom. 
Sa fille s’était retirée pour me laisser la place. Je lui enlevais doucement la paille de la bouche, lui exprimant ainsi, que la priorité n’était pas de prouver qu’elle était capable de fournir les efforts dont son mari semblait lui reprocher le manque.


samedi 7 février 2015

Les patients s'impatientent et font jouer la concurrence !


En pleine tournée du soir et alors que je suis garée dans le noir sur le bas côté d'une rue du bourg _ dans un des rares endroits où je capte sur ma commune pommée _ je suis en pleine communication avec un médecin généraliste pour tenter de récupérer des ordonnances manquantes ("Ordo' manquantes, comme d'hab'" vous avez dis ? ^^), je reçois un double appel. 
Mais sautant sur l'occasion d'avoir ce médecin en ligne, je laisse mon interlocuteur me laisser un message. Mon appel terminé je m'empresse d'écouter le message sur mon répondeur : "..."
Arf, encore un qui a eu la flemme de parler... Je me dépêche de le rappeler : "Votre interlocuteur est en ligne"... Re-Arf, je laisse un message sur son répondeur... Je file m'occuper de mon prochain patient, je re-rappelerai après !

Une fois le soin réalisé, je retourne dans ma ruelle où par magie je capte deux barres (wouhouuuu!) pour rappeler le mystérieux interlocuteur muet :

- Ah oui mais c'est trop tard, c'était pour des soins infirmiers urgents et comme vous ne répondiez pas, j'ai contacté le cabinet de Gravouille Sur Con (nom d'emprunt hein, le cabinet de la commune voisine qui, dès qu'ils le peuvent, nous piquent des patients...) ! Il venait de se passer seulement quinze minutes entre son appel et cette réponse...

Raaaah ! Ça m'énerve, mais ça m'énerve ! Les gens croient quoi ? Qu'on a une secrétaire prête à répondre dès la deuxième sonnerie ? qu'on va interrompre un soin ou un appel pour prendre le leur ? Ils ne peuvent pas attendre ne serait-ce que 10 min qu'on les rappelle ?
Bon allez... "Souffler à fond trois fois en tenant son volant et répéter le mantra anti-con : l'énervement coule sur moi comme l'eau sur un caillou", et repenser à la petite mamie dont je m'occupe depuis hier soir et qui m'a dit "c'est normal que je vous ai appelé, moi je pars du principe qu'on doit faire travailler ceux de la commune". Et mettons les cons de côté, pour ne garder que les patients bisounours ! 

jeudi 5 février 2015

Les prises de sang sont urgentes, surtout pour les gens !


Appel ce soir, 19h15 :

- J'aurai besoin d'une prise de sang pour demain matin !
" Oui, par contre, vu l'heure à laquelle vous m'appelez, je n'aurai que 9h à vous proposer demain..."
- Ah... Et vous pouvez pas plus tôt ?
" Non, il fallait me prévenir avant la veille au soir, vous comprenez, c'est un peu compliquer de planifier les prises de sang 12h à l'avance (avec un gros "lol-chatons-mignons" dans la voix, histoire de caser avec pseudo-humour une réalité que les patients ont parfois du mal à capter) !"

Et là, grosse erreur : je laisse une ouverture : 

 "Sauf si c'est pour une prise de sang urgente ?" (sachant que pour moi, l'urgence est toute relative au domicile, et que si c'est vraiment urgent, bah... C'est les urgences quoi !)
- Bah ouais, un peu, c'est pour mon cholestérol, ça fait longtemps que je dois la faire ma prise de sang... Depuis quand j'ai l'ordonnance ? Oh bah elle date du mois d'août !

... Ok... Comment vous dire ? Plus trop de "lol-chatons-mignons" dans la voix là, et une grosse envie de lui programmer sa prise de sang pour la SaintGlinglin, qui ne serait pas demain ! ^^

lundi 2 février 2015

God bless the voiturette !


Pendant ma tournée, et alors que je roulais sur une route _ bien pourrie _ de campagne, je pestais contre cette voiturette format pot de yaourt qui me devançait et qui n'avançait pas... J'ai ressenti, vous savez ce petit énervement qu'on ressent quand on aurait pu être à l'heure si il n'y avait pas eu cette foutue voiturette, si elle daignait profiter de la pente et du bon sens du vent pour accélérer un peu, si, si, si, et d'un coup... Freinage !!

Et me revoilà partie à pester contre ce coup de frein intempestif lorsque je vis 4 magnifiques chevreuils passer devant la dite voiturette, traversant la route pour passer d'un champ à l'autre en faisant de grand bonds... Si cette voiture sans permis issue d'un croisement entre une boite en carton et une voiture de course taille 4 ans n'avait pas été là, je me plafonnais direct un voire quatre chevreuil... "Strike !"

Et le pire, c'est qu'il y a un mois, une voiturette rouge tout pareil (tiens, bizarre...) m'a fait le même coup en m'évitant de me taper carrément un cerf !
... Il faut vraiment que j'arrête de pester contre les voitures sans permis et "God Bless the Voiturette !"


dimanche 1 février 2015

Infirmière libérale et enceinte : une montagne à gravir aussi grosse que mon ventre.




Deux tranches de pain recouvertes d’une épaisse couche de Nutella, un grand mug de « Thé de Lune » des Mariage Frères, il me fallait bien ça. Ordinateur d’un côté, téléphone de l’autre et bloc note sous le coude, me voilà fin prête à entreprendre les démarches qui devront m’aider à y voir plus clair et vivre sereinement ma deuxième partie de grossesse. Emmitouflée sous une couverture et bien calée dans un coin de mon canapé je me sens l’âme d’une alpiniste des années 20 en quête d’une nouvelle montagne à gravir… Version phoque sur la banquise. 

C’est un peu l’image que je me faisais des démarches qui m’attendaient : une bonne grosse montagne de paperasses et de coups de téléphone, et moi en bas, avec mon ventre grossissant à regarder le sommet sur lequel culminait mon congé maternité tant mérité ! A défaut de chaussures à crampons pour gravir ma montagne, je me suis chaussée de mes magnifiques chaussettes moumoutées roses à fleurs (offertes par une amie et destinée à m’aider à voir la vie en rose.), histoire d’être ridicule, et de me donner du réconfort.

« Infirmière + libérale + enceinte »

Trois mots clés pertinents, lâchés sur la barre de recherche de Gougoule et plus de 34 000 résultats : il semblait clair que je n’étais pas la seule libérale à me demander à quelle sauce j’allai être mangé pendant ma grossesse. J’allais devoir faire du tri… Et me resservir plusieurs tasses de thé. Après plusieurs allées et retour aux WC, le constat était le suivant : "tu es enceinte, mais rassure toi, cet état est réversible. Il va juste falloir être patiente, attendre quelques mois et anticiper les choses pour que « grossesse » ne rime pas avec « détresse »."
En attendant, il me fallait trouver des moyens pas chers et utiles pour rendre ma vie d’infirmière à l’utérus distendu, plus facile au quotidien.