Il est 12h et je referme ma
baie vitrée après avoir passé quelques secondes dans le silence, les pieds sur
ma pelouse. Après avoir cherché un sens à toutes ces morts, alors que la vie
continuait de chanter à travers les chants d’oiseaux et les bruissements des
feuilles d’automne tombant au sol.
J’ai cherché à comprendre cette
jeunesse s’en prenant à une autre jeunesse, la mienne, celle de mes potes. Mais je n’ai vu que de
la folie. De la folie silencieuse au goût de mort amer. Un goût de silence bien
forcé devant toute cette peine, cette colère et ces larmes.
Cette minute de silence n’est que
le prolongement de celui qui m’habite depuis ce triste vendredi 13 novembre. Un
cri réfréné au plus profond de moi et bloqué par ma gorge serrée. Je ne sais
plus quoi dire, ni quoi penser. Je n’ai plus envie d’écrire, je suis perdue et
je me sens creuse. Comme si la folie de ces hommes avait évidé à l’emporte-pièce
un peu de ce qui me faisait moi. Laissant un trou dans ma naïveté et dans cet
espoir dont je me nourris chaque jour de croire qu’il existe du bon en chacun de
nous. Ne
serait-ce qu’une toute petite paillette de bonté qui resterait à
briller dans un coin au milieu de toute cette merde de bêtise et de
cruauté. Je crois que j’ai gardé le silence trop longtemps, j’en ai marre d'avoir les yeux mouillés…
Je veux chanter l’espoir
pour ceux réunis entre potes à cette terrasse de café et qui refaisaient
le monde. Je veux crier l’envie de vivre pour ceux installés
devant ce restaurant et qui profitaient de la vie. Je veux danser la vie pour
ceux tombés au concert du Bataclan et qui ne pourront plus sourire, danser… Et
chanter, le bras en l'air, l'index et le petit doigt tendus au dessus de leur poing serré.
Ils veulent nous faire peur, nous faire taire et nous effrayer, mais mon cerveau s'alimente par la télé et mon fessier est anesthésié de ne plus bouger... Alors j’ai levé mon cul triste de mon canapé mou, j’ai éteints BFM TV et j’ai allumé mon ampli.
Ils veulent nous faire peur, nous faire taire et nous effrayer, mais mon cerveau s'alimente par la télé et mon fessier est anesthésié de ne plus bouger... Alors j’ai levé mon cul triste de mon canapé mou, j’ai éteints BFM TV et j’ai allumé mon ampli.
AC-DC, Bloc Party, Marylin
Manson, The Clash, Rage Against the Machine… Cette musique qui m'a toujours donné envie
de crier ma joie et ma peine. Tous ces sons qui me font pleurer et sourire.
Tous ces groupes qui font vibrer en moi l’envie de continuer de vivre malgré la
folie de quelques un et la mort de tellement d’autres. J’enchaine les musiques qui
me font transpirer, crier et chanter faux.
Le funeste hasard aura voulu que les premiers tirs au Bataclan arrêtent le concert sur la chanson « Kiss the Evil », embrasse le diable. Thunderstruck, Banquet, Highway to hell, Rock the Casbah, killing in the name… Toutes ces chansons aux titres évocateurs de ces groupes qui ne font que mettre en lumière ce pourquoi beaucoup d’entre nous sont tombés et continueront de tomber à travers le monde… France, Liban, Palestine, Yemen, Kenya… Un monde entier sali par la merdique barbarie de ceux qui se refuse d’aimer la vie.
Le funeste hasard aura voulu que les premiers tirs au Bataclan arrêtent le concert sur la chanson « Kiss the Evil », embrasse le diable. Thunderstruck, Banquet, Highway to hell, Rock the Casbah, killing in the name… Toutes ces chansons aux titres évocateurs de ces groupes qui ne font que mettre en lumière ce pourquoi beaucoup d’entre nous sont tombés et continueront de tomber à travers le monde… France, Liban, Palestine, Yemen, Kenya… Un monde entier sali par la merdique barbarie de ceux qui se refuse d’aimer la vie.
En sautant dans mon salon, la
frange collée par la sueur, les larmes sont montées. Celles que j’ai vu
naitre dans le coin de mes yeux mais qui n’étaient pas tombées sur mes joues
depuis ce week-end. Celles que je n’ai pas voulu laisser couler devant mes
deux petites filles. Mes deux trésors, trop petits pour comprendre ce qui est en
train de se jouer. Ces larmes qui effacent celle que j’étais avant le vendredi
13 novembre et qui font naitre celle que je suis maintenant.
Celle qui saute dans son salon
devant son chat médusé et qui essuie ses larmes en chantant encore plus fort.
Celle qui emmerde la barbarie, l’homme qui n’a rien d’humain, celle qui lève sa
bière pour trinquer pour ceux qui ne le pourront plus. Celle qui est
plus forte. Celle qui n’est pas morte.
Pour tous les soignants qui ont
sauvé ou accompagné les victimes des attentats. Pour toutes ces familles, ces
amis qui ont le cœur brisé de ne plus pouvoir embrasser ceux qu’ils ont perdu. Pour
tous ceux qui ont vu de loin ce que certains ont vu de près. Pour tous ces
sourires figés sur les photos de ces jeunes qui ne seront jamais vieux, mon hommage
a des relents de larmes, de danse et de bière.
Je ne me tais pas, je chante. Je ne prie pas, je danse.We will Rock you ! … Tant que la vie le permettra.