- 231 millions d'euros, c'est la fraude à l'assurance maladie. +46% en cinq ans. Attention, il ne s’agit que de la triche "détectée", autrement dit la partie émergée de l'iceberg. Actes fictifs, surfacturations, les professionnels de santé sont les premiers fraudeurs. Alors comment font ceux que l'ont appelle les "Détectives de la Sécu'" ?...
David Pujadas avait à peine commencé la phrase d'introduction de son reportage que je commençais à m'étouffer avec mon thé trop chaud et le morceau de sandwich que j'avais dans la main. J'ai reposé ma tasse, sidérée en écoutant le reste du reportage.
Je venais de rentrer à mon cabinet après sept heures de soins non-stop avec une otite qui m'arrachait l'oreille depuis des jours et une fièvre persistante qui m'aurait donné envie de me vautrer sous la couette en chialant. J'ai jeté ma mallette de soins sur le fauteuil de prélèvement en tentant de dénouer mon épaule douloureuse avant de remplir à nouveau cette sacoche qui me permettrait d'aller soigner mes patients du soir. Ma vessie me remerciait de l'avoir enfin vidangé et elle croisait secrètement les uretères en espérant que je ne serais pas un jour contraint de la cathétériser pour lui éviter l'engorgement. Moi qui était si fière de ma vessie d'infirmière aussi forte et puissante qu'un tank, je devais bien avouer que depuis mon installation en libérale, elle était tout aussi vaillante qu'une vieille auto qui ne passerait pas le périph' parisien en période de pollution.
La faute à mes deux grossesses ? Peut-être...
La faute à mes deux grossesses ? Peut-être...
Et puis j'ai repensé à la période où j'ai bossé jusqu'à mes huit mois de grossesse en me sortant de ma voiture aux forceps 30 fois par jour pour reprendre mes tournées de soins un mois et demi après mon accouchement parce qu'il fallait que je rembourse le
prêt que j'avais dû effectuer auprès de mon conjoint pour pouvoir
payer ma remplaçante et mes charges. Ça avait dû y être pour quelque chose... Et puis je me suis revue demander aux patients de m'aider à me relever parce que j'avais dû m’accroupir ou m'agenouiller autant de fois que nécessaire pour effectuer leurs soins dans des conditions inadaptées alors que ma rééducation du plancher n'était pas complètement terminée.. Ça devait y être pour quelque chose aussi...
Mais accusons les grossesses oui, saleté de périnée !



