vendredi 4 juillet 2014

Le monde apparait comme un microcosme d’humanité.






Alors que j’étais arrêtée au feu rouge d’un grand carrefour d’hyper-centre, je me suis mise à observer l’humanité qui m’entourait. Il faisait beau avec juste ce qu’il fallait de soleil, il faisait chaud mais pas suffisamment pour appesantir. Comme à mon habitude, j’écoutais de la musique. Cette musique qui rythme mes tournées et mes jours de repos, mes humeurs, mes passe temps, les moments où le temps ne passe pas. La musique c’est un peu mon poumon, mon caisson de décompression.

Je ne sais pas vous, mais moi parfois, lorsque j’observe les gens dans la rue, je les vois comme marcher au ralenti, comme faisant parti d’un clip.
Ce lundi là, c’est « You and Me » de Disclosure qui a tout déclenché. Je voyais deux jeunes gens qui allaient se croisés d’ici peu, chacun avec en tête, la raison pour laquelle il marchait ainsi, droit devant. Deux personnes qui n’avaient à priori rien en commun et qui n’avait pas pour but de se rencontrer… Et pourtant. Je les ai vus se frôler, ralentir, s’attraper par la main pour s’éviter de fuir. 

Dans ma tête, je les ai vus se rapprocher. Lui, laissant échapper sa main sur la nuque de la jeune femme pour finir par caresser cette magnifique chevelure brune, longue et bouclée qui retombait jusqu’à ses reins. Elle, feindre le rapprochement des corps en agrippant l’échine du bel inconnu à deux mains. De la montée en puissance de la musique s’est dégagé dans mon imaginaire une danse de tango, sensuelle, lourde et élégante de deux êtres si différents qu’un rien rapproche, finalement. La musique s’est emballée autant que les corps dans mon esprit, pour finir par s’apaiser aussi vite, laissant les deux inconnus se quitter et continuer à marcher droit devant eux… Ils ne sauront jamais qu’ils venaient d’apprendre à se connaitre en partageant un tango.

La vie c’est un peu ça finalement : marcher parallèlement aux autres, en se disant qu’un jour, un petit degré nous fera dévier de notre route pour finalement croiser celle de l’autre, qu’on ne connait pas encore. Alors quand je les vois tous marcher au rythme énergique de « Banquet » de Bloc Party, je me dis qu’il suffit d’un rien pour qu’on soit tous connectés. Un simple petit degré sur la gauche ou sur la droite nous permettrait de ne plus nous obstiner à nous croire différent du reste du monde, alors que nous marchons tous au même rythme. 
Ce rythme qui nous fait taper du pied discrètement sous la table lors d’un diner un peu long, ce rythme universel du pouls qui me fait toujours autant halluciné à chaque prise de tension, le "bam" de la vie pulsée dans chaque recoin du corps.

Le rythme évite l’enracinement des corps. « Tant que je marche, tout va bien, c’est que les racines ne m’attireront pas dans le trou ! », Ernest, un de mes patients-grand père, avait bien raison. Il faut, tant que cela est possible, garder le rythme, aller de l’avant, taper du pied sur une musique entrainante. S’imaginer danser le tango, poser ses doigts sur son poignet et chercher son pouls en se disant que tant que la machine marche en rythme tout peut encore arriver.

Parfois je souris à l’idée que quelque part, de l’autre coté du monde, quelqu’un tapera le rythme du pied au même moment que moi, qu’une personne sur le continent d’à côté aura son cœur sur la même fréquence que le mien l’espace d’un instant.

Il y a des jours où on devrait pouvoir dévier sa route d’un degré d'imagination pour se laisser l’opportunité de redécouvrir le monde.

"You and Me" de Disclosure

"Banquet" de Bloc Party



( photo tirée du magnifique court métrage de Ryan Woodward visible ici : http://vimeo.com/14803194 )

2 commentaires:

Anonyme a dit…

merveilleux, oui tout simplement MERVEILLEUX,merci pour la" connection"

C'est l'infirmière ! a dit…

merci lecteur anonyme ;-)

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Merci pour le petit mot ! ^^