mercredi 17 septembre 2014

Le silence, les vaches et mon thermos de thé.

Il y a des jours où je suis fatiguée. Les yeux lourds de ces nuits trop courtes, de ces matinées trop longues. Mais il faut y aller. 

Je me décide à quitter la maison et tous ces occupants encore endormis. Seul le chat m’accompagne à la sortie, gagnant au passage une caresse avant de se détourner rapidement pour regagner la chaleur de la couette. « Clac ». Le son de l’ouverture centralisée de ma voiture m’agace l’oreille. Ce bruit me rappelle les nombreux sons répétés que je vais devoir supporter et les gestes reproduits comme des rituels qui me fatiguent d’avance. Oui, je suis fatiguée, je suis ronchon. Non, je ne fatigue pas d’être ronchon le matin.

Je suis une loche rassasiée !

Note pour plus tard : aller plus souvent bosser avec un maquillage foireux, un pauvre élastique dans les cheveux en prenant un air aussi désespéré qu'une palourde à marrée basse ou en se donnant l'impression d'être croisé avec une loche, pour avoir le droit à des petits-dèj' chez mes patients ... Une tournée interminable ce matin ^^...

Mais comment refuser des madeleines maison à la fleur d'oranger du Liban, un succulent thé anglais, ou des madeleines bijou (pas maison mais on s'en fou) ... Moi qui frôlais l'hypoglycémie, me voilà à la limite du diabète !

mercredi 10 septembre 2014

La Carpimko, l’auxiliaire et le bousier.




Il était une fois, la Carpimko, l’auxiliaire et le bousier… Mais avant tout, "La Carpimko, qu’est-ce que quoi " me direz vous ? 

Cet organisme, dont le nom m’agresse le gosier telle une bonne vieille trachéite, est une caisse de retraite et de prévoyance à laquelle tout bon auxiliaire médical libéral se doit d’adhérer. L’adhésion se fait dès l’obtention du statut d’infirmière libérale. Elle coûte un rein, elle est obligatoire, et elle prélevée sur nos compte tout les ans. 


mardi 2 septembre 2014

Je ne dors toujours pas !


Essayer désespérément de faire une sieste et entendre un "Tssstssstssstsss". Tenter de localiser la source du bruit, la trouver _enfin_ sous le canapé, réussir _enfin_ à l'attraper, ouvrir la fenêtre et la remettre dehors... 

... Se recoucher sous la couverture, fermer les yeux, commencer à s'endormir et entendre encore un "Tssstssstssstsss" puis un autre et encore un autre... Mon chat a décidé d'héberger toutes les sauterelles du jardin dans le salon. Sauterelles : 4 / Moi et ma sieste : 0 .... :-(


vendredi 29 août 2014

Je lui ferais presque la bise.


Il y a des maisons dans lesquelles on entre facilement. Des chaumières semblant plus accueillantes. Il y a des patients avec lesquels on aime passer davantage de temps, même si cette idée brise la promesse que je m’étais fixée il y a longtemps. Car il faut bien l’avouer : j’ai des patients avec qui je me lierais bien d’amitié, surtout elle…

- Oooh ! Comme je suis contente de vous revoir, ma p’tite infirmière !

De réponse à mon petit surnom, je suis entrée en lui rendant son grand sourire. C’est le genre de maison où l’on entre par la porte du garage. Toujours ouverte, prête à accueillir le voisin, l’ami, les aller-retours du chien ou l’infirmière venue faire sa visite quotidienne. Ma patiente était dans l’entrée de la cuisine, à peine surprise de mon arrivée tant le canidé, surexcité de me revoir avait prévenu toute la famille. Le mini-chien tournoyait avec joie, lâchant à mes pieds son jouet préféré pour m’inviter à fêter mon retour.

lundi 18 août 2014

Féminine jusqu’au bout des boots





(A mes débuts dans le libéral, pendant un remplacement en hyper centre bourgeois)

J’interviens chez ce couple de patients tous les jours pour les accompagner dans leurs soins d’hygiène. A eux deux, ils atteignent péniblement les 190 années et leur maison semble avoir le même âge. Il y fait sombre, on perçoit plus qu’on ne voit. Les napperons de dentelles recouvrent les repose-têtes des fauteuils. Les horloges toutes figées à un horaire différent ne semblent plus donner l’heure depuis des décennies. Il y a toujours une odeur de plat en train de cuire, mais je ne vois jamais de préparation sur la vieille gazinière. Comme si les murs étaient imprégnés de toute une vie de repas odorants, préparés pour des enfants qui ont quitté les lieux depuis bien longtemps.

Le soin d’hygiène vient de se terminer et je suis dans la chambre avec la petite dame de 94 ans pour l’aider à s’habiller. Accroupie auprès d’elle, prête à lui enfiler les bas que j’étirais entre mes doigts, elle m’annonça tout de go : "Ah non ! Aujourd’hui je ne mets pas mes bas de contention, il fait trop chaud ! … D'ailleurs, je ne sais pas comment vous faites pour porter CA !". 

vendredi 8 août 2014

Dévotion chrétienne !








(A mes débuts dans le libéral, pendant un remplacement en hyper centre bourgeois)

L’appartement est cossu. La décoration soignée avec cette touche de bois ciré, de dentelles fait-main et de parfum subtil et léger qui vous laissent supposer que les fins de mois ne doivent pas être une source d’angoisse. Le pape benoit XVI veille au grain, encadré avec soin sur un des guéridons de l’entrée. 

La douce Elo'

- Elle était d’une douceur, tu sais… Je n’en doutais pas et je ne savais pas quoi lui répondre… Quels mots pouvais-je bien trouver...