mercredi 16 septembre 2015

Coup de gueule infi' # 13 : il parait que je coûte trop cher à la société





Ce matin je n’arrive pas à me concentrer derrière mon volant. Beaucoup de soins à caler en peu de temps, la projection mentale de mon agenda me fait mal aux synapses. Je suis énervée et je lutte depuis le réveil pour ne pas laisser ce bouillonnement intérieur transparaitre sur mes soins. Il y a cette musique sur Radio Nova que j’adore habituellement mais qui m’agace l’oreille ce matin. Je n’ai même pas envie de zapper sur France Inter. Pas envie d’écouter nos Politiques qui ont certainement dû prendre l’antenne à cette heure de la matinée pour nous rappeler combien la crise est dure et combien nos frontières sont fragiles. 
Je coupe le son et me laisse bercée par le ronron de mon moteur… Mais mon agacement me fait quitter ma torpeur. Et puis il y a ce mec là, en cravate, assis sur mon siège passager et qui ne me quitte pas depuis que j’ai débuté ma tournée.

J’ai mal dormi. Je n’ai pas cessé de repenser à cet article que j’ai lu hier soir sur la cour des comptes et sur le bilan qu’elle faisait de ma profession d’infirmière libérale. Il paraitrait que je coûte « trop cher ». Ils veulent augmenter les contrôles pour déterrer les méchantes taupes d’infirmières libérales pour leur taper sur le coin du museau parce qu’elles font des mottes de terre un peu partout sur la pelouse déjà pourrie des fonds public.

« Et puis, vous prendrez à gauche s’il vous plait. » me dit l’homme à la cravate. Oui merci, je connais la route, je la fais deux fois par jour ! Je me stationne devant cette maison décrépie perdue au milieu des champs de maïs. A l’intérieur vit une famille dont les âges cumulés atteignent facilement les 300 ans. Un couple accueillant sous leur toit deux vieux parents de plus de quatre vingt dix ans, par vraiment par choix. La maison de retraite était trop chère. La cravate me suit jusque dans la salle de bain… Il note tout ce que je fais, compte le temps passé en jetant un coup d’œil sur le cadran doré de sa montre. C’est bien la seule chose dorée ici en dehors du crucifix du salon, et encore, ce n’est pas de l’or. Je regarde son calepin par-dessus son épaule :

- Vous noterez bien que j’ai passé 25 minutes pour aider la petite dame à se laver et à s’habiller et que je ne compte qu’ 1AIS3 au lieu des 2AIS3 prévu pour les soins des 30 minutes et plus hein ? A cinq minutes près c’est con quand même… Vous notez bien que je ne vais déclarer que 10€45 pour mon soin, je ne suis pas une fraudeuse, dites ! (montant que je diviserai ensuite par deux pour pouvoir payer mes charges, ce qui revient à travailler pour un peu moins de 11€ net de l’heure). 

Je me sens fliquée, je déteste ça. J’ai l’impression qu’on veut me faire passer pour une voleuse ou une délinquante que l’envie d’argent pourrait faire basculer dans la fraude à tout moment.


Mais il m’attendait déjà dans la voiture pour le patient suivant. La tournée c’est ensuite enchainée. Des prises de sang de gens impiquables pour 6€08 (montant toujours à rediviser par deux), un « pansement simple » facturé 8€80. Soin que je facturerai le même prix quelques maisons plus loin pour un très jeune enfant, car il n’existe pas de majoration pédiatrique, même pour les plus petits qui nous prennent du temps. Un pansement de brûlure côté en « pansement simple » parce qu’il ne fait pas les 60cm² règlementaires alors que le temps passé à nettoyer, épluché et protéger motiverai vraiment d’être payé plus. Une injection d’anticoagulant chez une dame qui vient de subir une ablation de son utérus et qui m’apprend que les résultats de l’anapath’ sont tombés : c’est cancéreux. Et merde. Alors je prends le temps de discuter parce qu’elle en a besoin. 

Je sens que l’homme à la cravate est content. Je suis une bonne infirmière qui est là pour ces patients et qui écoute. Mais je ne facturerais pas plus que les 7 € règlementaires, parce que la réassurance et le soutien, ça n’a soi-disant pas de prix. Un peu comme tous les petits soins qu’on galère à faire entrer dans la nomenclature : pose de bas à varice, collyres, préparation de traitement chez un patient déficient visuel, changement de poche urinaire, et j’en passe… Tous ces soins n’entrant pas dans le cadre de notre nomenclature éditée par la sécu’ et qui doivent être réalisés gratuitement ou facturés plein pot à nos patients. Allez expliquez ça à la petite dame aux mains pleines d’arthrose qui ne peut se mettre ses collyres seule ou à cet autre moitié aveugle qui n’arrive plus à différencier ses traitements !

Bref. Je sens bien que le mec à la cravate s’agace. Il persiste à me montrer de la pointe de son stylo le chiffre incroyable qu’il a noté tout en haut de son calepin. Un chiffre à plusieurs zéro. Et il se tait… Et alors que nous sommes entre deux patients, perdu sur un chemin de campagne boueux je me retourne vers lui et je lui dis : 

- Ecoute, je suis désolée mais tu vas devoir descendre et retourner dans ton grand bureau de la cour des comptes à pieds. J’en peux plus, tu me stresses, tu me fatigues. Depuis hier je me sens mal à cause de ton bilan là… Qu’est ce qui te permet de juger de mon travail et de savoir si je touche trop d’argent ? Tu as vu ma tournée ce matin ! Tu as vu le nombre de gens que j’ai soigné, et sous la pluie en plus ! Je suis trempée. Je suis fatiguée d’enchainer les kilomètres tous les jours sur ces routes toutes pourries de campagne. 

Tu me dis que je coûte trop cher ? Je ne suis même pas payer pour la totalité de mes soins ! Tu dirais quoi toi si ton travail n’était payé qu’à moitié prix, voire même devenir totalement gratuits à partir du troisième actes ? Tu trouves ça normal d’être payé 11 € net de l’heure pour laver des gens qui parfois te tousse à la face, pour les habiller dans des conditions matérielles souvent déplorable en se cassant le dos parce que rien n’est adapté ? Et pourquoi je ne peux pas cumuler les soins techniques lors des toilettes ? Pourquoi les pansements, les injections, les prises de sang sont réalisées gratuitement, hein tu peux me le dire toi là, avec ta cravate ? On se fait hurler dessus, cracher au visage, les patients déversent parfois des colères énormes juste parce qu’il n’y a que nous pour les écouter. C’est fatiguant tu sais…

J'ai un coût. Mais c’est mon salaire et je n’ai pas honte de dire que je le mérite. Grâce à moi les personnes âgées peuvent rester chez elles. Dans les maisons qui les ont parfois vu naitre, elles peuvent tranquillement poursuivre leur vie sans enrichir les directions de maison de retraite. Mes patients sous chimio peuvent rentrer chez eux auprès de leurs proches avec une pompe et je suis là pour surveiller que tout se passe bien. C’est certain que sans ça, ils ne pourraient quitter les couloirs des centres de cancérologie. Grâce à mes interventions, ceux qui se sont fais opérer peuvent rentrer chez eux plus tôt et laisser de la place dans des services surchargés. Je réalise des prises de sang au cabinet pour ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer dans des laboratoires. Je vais chercher les médicaments de ceux qui ne peuvent se rendre à la pharmacie. Je suis un chainon dont le système de santé ne peut pas se défaire. Je suis LE lien qui réunie mes patients à l’hôpital et inversement.

Toi avec ta cravate, tu ne fais que lire des études incomplètes pour ne citer que des chiffres qui font peur. « 6,4 milliards d’Euros » j’ai bien compris que c’était celui dont tu me parlais depuis ce matin. Voilà ce que mes 100 000 consœurs et moi coûtons chaque année à la société ! De quoi faire flipper n’importe quel contribuable lisant ton bilan à la noix. Mais elle est où l’étude portant sur les économies que nous permettons de faire à la sécu’ ? Sur tous ces actes que nous réalisons gratuitement ? Sur toutes ces chirurgies ambulatoires que nous prenons en charge pour un prix dérisoire en comparaison des 400 € moyen d’une journée d’hospitalisation ? Sur cette population qui vieillie et qui est en demande constante de soins mais qui n’a pas toujours l’envie et les moyens d’aller en maison de retraite ? Sur ces arrêts de travail que nous ne prenons pas parce que nous n’y avons pas le droit ? 

Alors oui, c’est certains, mon métier à un coût et des contraintes mais je n’ai pas choisi d’être traitée comme une voleuse qu’on éreinte. Descends, j’ai du boulot.

J'ai ouvert sa portière et je l’ai laissé lui, sa cravate et son calepin sur le bord de la route. En regardant dans le rétroviseur il avait disparu. Je me dis parfois que je vais disparaitre moi aussi... Que la nouvelle loi santé nous enterrera tous et qu’au dessus de nos têtes ne reposeront plus que des SSIAD et des HAD. Des bouffeuses de taupes qui auront vite fait de retourner complètement le joli gazon vert des fonds publics que notre chère Marisol Touraine ne cesse de resemer à coup de bilans et de contrôles inadaptés.

70 commentaires:

margotte a dit…

bravo bravo bravo et merci de ta plume

Isa a dit…

Bravo...et merci pour nous toutes!

MOHREM MONIA a dit…

Rien à ajouter...on ne s'arrêtera pas là ,on criera notre colère ,car ça suffit de nous faire passer pour des nantis aux yeux de la population,qui n'a qu'une vision seul vision de notre métier,celle de la comptabilité de notre chère ministre !!!!
J'ai l'impression que nous étions dans la même voiture ce matin...

Marie-Eve CALVES a dit…

J'avais poussé un coup de gueule sur facebook ce matin mais tu le fais merveilleusement ! Bravo !

Anonyme a dit…

merci pour ta prose. J'ai eu le même écoeurement que toi ce matin en démarrant ma tournée.. Je crois qu'il va vraiment falloir s'unir pour se faire entendre. Courage à toi et tous les collègues et honte à nos politiques, technocrates et journalistes qui d'un rapport de 765 pages n'ont mis en avant que la possibilité de fraude des infirmiers et des kinés et le fait que nous sommes responsables de l'agrandissement du trou de la sécu !!! Heureusement que les patients nous soutiennent eux.

Anonyme a dit…

La vache... tu as vraiment eu un contrôle ? Merci pour ce coup de gueule et bravo pour ta patience.
Unité !

Anonyme a dit…

Juste bravo

Barbara Velon a dit…

Magnifique et tristement réaliste!

Elo a dit…

BRAVO pour cet article, tellement vrai !

Anonyme a dit…

Très beau résumé de la situation.malheureusement les médias ne montrent pas cet aspect et on passe pour des voleurs. Ce salaire on le mérite et ils ne voyent pas tout ce qu'on fait bénévolement!

Unknown a dit…

Quelle plume.Merci pour ces mots qui "pensent"mes maux.Je me sens moins seule.Merci

Lisa ortho a dit…

Merci pour ce témoignage. Et bravo pour ce courage, toujours, à tous.. Soyons solidaires !!
PS Peut on partager le lien ? Merci

Elaïse a dit…

Infirmière de ville je comprend parfaitement ton énervement, je me demande comment on va gagner notre vie bientôt... Je suis enceinte et inquiète, merci pour tes tips et ton blog!

chaourcinette a dit…

ce qui est triste c'est que vous payez pour les magouilleurs....pour tous ceux qui trichent ...
lors du cancer de ma soeur, le kiné devait venir tous les jours pour l'aider à expectorer selon la prescription du médecin......il était prévu une séance d'une demie heure les après midi...les trois premiers jours il s'est pointé pile à l'heure...bon professionnel, ma soeur était soulagée pour le reste de la journée....et puis, un après midi...il n'est pas venu.....j'ai téléphoné...pas de réponse!
le lendemain , il était là...il avait eu un problème de voiture...ok!
ensuite, il est venu une fois par semaine.....me disant que ma soeur allait beaucoup mieux et qu'il lui avait appris à faire les exercices...
A la fin du mois, il a rempli sa feuille de maladie, et a noté qu'il avait été là chaque jour....je lui ai demandé s'il ne faisait pas erreur? il m'a répondu que non, qu'il était obligé de faire comme ça s'il voulait être payé des 6 fois où il était venu dans le mois...
je n'ai rien dis;...j'ai laissé faire...était ce vrai? faux?
Nous ne l'avons plus revu et ma soeur a été hospitalisée car je ne pouvais pas l'aider à expectorer et qu'elle étouffait....
Tu vois, je pense que ce monsieur a fait du tort à la profession....c'est bien triste !!

Unknown a dit…

Merci pour ton texte qui je l'espère fera exemple. Merci merci merci

Anonyme a dit…

bravo ,presque tout est dit et bien dit , moi meme ide libérale depuis 10 ans , j'aime énormément ce que je fais,et je ne retournerais en aucun cas en milieu hospitalier mais mon constat est identique au tien , je suis écoeuré surtout quand j'entends qu'on coute cher .Nous gagnons notre vie comme tout à chacun ,et nous assumons les contraintes de ce métier , car effectivement nous ne sommes payés que 40à 50% de nos actes en enlevant l'ursaff et la carpimko qui ne font qu'augmenter alors que mon activité reste la meme , les impots , le local , le rachat de patientèle , le comptable pour la scp et sci , les couteuses assurances privés en cas d 'arret (mais qui ne couvre pas les principales raisons d'arret d'une infirmière libérale) et c'est bien pour ça qu'en général ,on ne s'arrete jamais ou qu'on reprend souvent avant la fin de l'arret car les charges elle continue à etre prélevées sur le compte mais nous ide libérale et bien quand on ne travaille pas et bien on ne touche aucun salaire , c'est d'ailleurs aussi pour ça que nous ne prenons pas beaucoup de vacances car 3 semaines non payé sur un mois avec des charges qui tombent , c'est pas toujours facile , et puis tout ces petits actes bénévoles que nous faisont car ils font parti du métier en libérale car il y a aussi le temps passé au téléphone pour les rdv de pds , les passages au cabinet médicale pour récuperer des ordonnances pour les patients isolés et seuls , ou pour simplement discuter d'un patient avec le docteur , les papiers , la télétransmission, la gestion d'une équipe etc....Bref une infirmière libérale qui a son cabinet , c'est 24/24h et 7/7j , et malgré tout ça , je continue le libérale avec toujours autant d'enthousiasme car j'aime mon métier mais qu'on ne nous traite pas de voleuses !!!






Anonyme a dit…

tu as tout dit, ce qu'on ressent toutes et tous, envie de tout laisser tomber mais en voyant qu'on est pas seuls à être dans la même galère ça donne des motivations à se battre et à défendre ce qu'on a droit d'exiger.

cecile a dit…

ils ont compris sur qui il fallait taper!! la plus grande corporation minoritairement syndiquée et qui se laisse toujours piétiner sans broncher.
merci pour tes mots

MyMyCoud Créations a dit…

Bravo et merci à vous toutes Mesdames les Infirmières d'être là !

Unknown a dit…

Bravo pour cet article! Etant IDEL j'adhère à 100%. Il faut le faire publier par le CNOI par ex , non? Parfois ,même certaines IDE hospitalières ne se représentent pas toujours notre "Travail" à domicile...

fabinou 62 a dit…

bravo ! c'est tout à fait ça !
bel article !

La petite infirmière dans la prairie a dit…

Ce matin, un patient m'a demandé ce que je pensais des problèmes de cotation des actes infirmiers parce qu'il l'avait entendu à la radio,grrrrr...(cri du lion très énervé), facile de tout mettre sur le dos des libérales !

Anonyme a dit…

Réagissons ! unissons nous avant que ces bureaucrates nous achèvent complètement !
Marie Marrouat Cogez

Anonyme a dit…

Bravo pour ce coup de gueule magistral on a intérêt à se serrer les coudes c'est facile de taper sur celles et ceux qui consacrent leur temps et leur énergie au service de ceux qui souffrent à croire que là-haut ils n'ont jamais été malades et qu'ils n'ont jamais eu besoin de nos compétences !!!!! .On a juste envie de faire notre travail en étant utile aux autres .
Il faudra suivre tout ça de près.COURAGE ce n'est pas la première fois qu'on nous balance des peaux de bananes

Anonyme a dit…

je ne suis pas idel, je suis ide, mais je partage complètement votre point de vue.
concernant qq interventions sur la différence avec les ide de l'hôpital, attention à ne pas se tromper de combat. travailler à l'hôpital a ses avantages MAIS aussi ses inconvénients, et ce sont ces derniers qui bien souvent ont fait de vous des idel.
les soins infirmiers ne sont pas reconnus à leur juste valeur que l'on soit en libéral ou non, et ce n'est pas l'ONI ou tout autre organisme qui fera la différence, ce sera uniquement notre solidarité d'infirmier(e).
encore bravo pour ta verve.

Unknown a dit…

Bonsoir
Malheureusement la solution passe par des actions pour nous faire entendre
Le syndicat est muet !!!!
L'ordre infirmier est muet !!!!
Que faire ?

Nathalie Kilka a dit…

Vraiment dommage et grave pour notre profession. Pour un certain nombre qui abuse du système, l'ensemble des infirmiers est touché !
S'unir pour maintenir les personnes malades à leur domicile en bénéficiant de soins de qualité avec l'ensemble des partenaires possibles, services à la personne, SSIAD, HAD.. qui ne sont pas les ennemis des infirmiers libéraux, au contraire !
Au lieu de parler argent parlons soins, savoir faire et compétences au service de la personne soignée et de son entourage au cœur de notre métier !

Anonyme a dit…

Bravo pour ce beau coup de gueule. Je suis IDEL depuis 1 ,5 ans et je ressens déjà tout comme vous....j'espère que notre métier perdurera mais je pense qu'il va y avoir bcp de changement et que l'on va peiner a garder nos salaires....

Capucine a dit…

Merci... pour avoir osé exprimer ce que nous ressentons pour la plupart:

Claude BERNAY a dit…

Un très beau texte, bien écrit. Tu as du talent et je vais m'empresser de le partager sur Facebook. Je suis solidaire de mes infirmières libérales. Grâce à elle, je peux être levé tous les matins. Je suis handicapé moteur de naissance, je me déplace sur fauteuil électrique. J'ai toujours été autonome depuis l'âge de 20 ans. 38 ans aujourd'hui. C'est grâce à vous, votre patience, votre compétence que je peux maintenir ce niveau d'autonomie, cette qualité de vie. Vous êtes formidables et on ne vous le dit pas assez.
Mes infirmières, mon kiné, sont jeunes, né en 1979, 1982, 1983. J'espère que ils seront là encore longtemps, car sans eux, je ne suis pas grand-chose.

Anonyme a dit…

Je suis masseur-kinésithérapeute et je peux vous dire que ce confrère ne s'est pas bien comporté du tout, si ce que vous dîtes est vrai. Il est totalement interdit de facturer des séances qu'on n'a pas effectuées. Il s'agit ni plus ni moins que d'une escroquerie à la Sécurité Sociale et d'après vos dires, d'un montant conséquent. Ce genre de pratiques porte grand tort à la Profession. Vous pouvez vous plaindre auprès de la CPAM qui déclenchera une enquête.
Je suis sincèrement désolé pour vous.

Unknown a dit…

je suis infirmier libéral depuis 27 ans, et je peux vous dire que j'en ai passer du temps à faire des actes gratuits... j'ai le dos en compote...mais bientôt j'arrête...ouf...je ne ferai plus que de la musique. Quant aux conneries que j'ai pu entendre ou subir de la part des tutelles, je m'en fou complètement. La plupart des infirmier(ères) se donnent sans compter pour leurs patients à domicile et ces personnes âgées et/ou malades le savent bien. Conseil économique et social, cour des comptes, sénat, commissions diverses et "avariées" lorsqu'on parle de dépenses .....
bon courage à toutes et à tous

Unknown a dit…

Bravo et merci de dire tout haut ce que l on pense tous et toutes

Maxime Juliani a dit…

Bravo et merci de dire tout haut ce que l on pense tous et toutes

Anonyme a dit…

Convergence Infirmière a sorti un communiqué de presse illico ainsi que l'ordre infirmier.

Si nous nous regroupions avec cet enthousiasme là, que je lis depuis tout à l'heure, autour des structures qui nous défendent au quotidien, nous leur donnerions de la force et de la crédibilité.

Merci pour ce "coup de gueule"si bien écrit; je crois que j'étais aussi dans la voiture...mais le gars à la cravate, il ne m'a pas encore lâchée !

c'est l'infirmière a dit…

Merci merci merci Margotte ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

Merci Isa... Il fallait que ça sorte que veux tu ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

J'ai cru comprendre que ma voiture était grande ce matin là et que j'avais une multitude de consœurs désabusées... Et non on ne s'arrêtera pas là !

c'est l'infirmière a dit…

Merci !
Et non, c'est sûr, on en a vu d'autres mais je crois que la profession se fatigue des "fraudeuses !", des "voleuses !", des "vous coutez trop cher !" quand ce ne sont pas les silences qui résonnent à chaque fois qu'une de nos consœurs se fait gravement agresser ou assassiner. J'ose espérer que de la fatigue et du manque de reconnaissance naitra une grogne sans précédent !
J'ai foi dans mon métier et dans le pouvoir que nous avons toutes de réussir enfin à faire bouger les choses pour que la santé ne tombe pas entre les mains de ces politiciens ou politisés qu'y n'ont que l'économie à la bouche !

c'est l'infirmière a dit…

Merci ! ^^
J'ai regardé dimanche Capital et les fraudes à la CAF, j'aurais dû m'abstenir... Les aides sociales en France coutent chaque année 80 milliards aux contribuables... Bref, joiiiiie ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

Maiiiis nooon, pas de contrôle, juste une image ! ^^
Mais le malaise était tellement présent ce matin que j'ai vraiment eu l'impression qu'il était là, à mes côtés !

c'est l'infirmière a dit…

Merci ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

Merci Barbara ! Et tristement réaliste comme tu dis... -_-

c'est l'infirmière a dit…

Merci Elo ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

Si seulement ils avaient pu faire une étude comparative de ce que nous leur faisons gagner... Si seulement !

c'est l'infirmière a dit…

Ooh Merci ! :-)

c'est l'infirmière a dit…

Merci ! Le lien peut-être partagé sans problème ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

Si tu veux plus d'info' sur la grossesse j'ai fais une section sur le blog "ma grossesse en tant qu'IDEL", tout un programme ! ^^

Tous les articles, ici => http://cestlinfirmiere.blogspot.fr/search/label/Ma%20grossesse%20en%20tant%20qu'IDEL

c'est l'infirmière a dit…

Pfff que dire -_- !...
Dans toutes les professions il y a des parasites, navrée que ta famille et toi ayez été mis en contact avec lui...
Les kiné que je côtoie sont de vrais professionnels qui, comme nous, ne méritent pas cette étiquette qu'on nous colle dans le dos ! On a vraiment l'impression de se faire trainer dans la poussière... Ras le bol !

c'est l'infirmière a dit…

Merci ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

C'est tellement vrai tout ça... Et tout comme toi je ne me verrais pas retourner derrière les murs des services hospitalier -_-
On a choisi notre métier, ses contraintes, mais nous n'avons pas choisi d'être traité de voleuses. Alors oui, la santé coûte cher, mais l'économie doit-elle, peut-elle, passer par nous ? Expliquez moi comment les hommes en cravate !

c'est l'infirmière a dit…

Ne lâchons rien, c'est ce qu'ils cherchent !
Courage la consœur, on va y arriver ! ;-)

c'est l'infirmière a dit…

C'est quand même fou cette histoire, c'est pas comme si nous étions que 100 !

c'est l'infirmière a dit…

Elles ne se représentent pas notre spécialité, c'est certain, surtout lorsque j'entends encore tous les fantasmes flottant autour de notre métier, je rigole ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

Merci ! ^^

Anonyme a dit…

Prôner les courtes durées d'hospitalisation et trouver les soins infirmiers de ville en augmentation, il faut avoir fait l'ENA pour trouver çà? Ce qui justifie le soin ne serait pas la maladie, par hasard? Je reconnais un conflit d'intérêt dans mes propos, mais je le revendique. Je suis sur le terrain, au contact des infirmières libérales, je profite tous les jours de leur implication, pour des coûts... Laissez nous travailler, Messieurs, et trouver du travail aux gens qui n'en ont pas, il y aura des cotisations sociales et on reparlera plus de vos investissements ruineux et de vos choix hasardeux.

c'est l'infirmière a dit…

L'avantage dans cette histoire c'est que les patients posent des questions. Pas toujours les bonnes certes, mais ils comprennent qu'il y a un problème. Pas toujours le bon, mais ils comprennent qu'il y a un soucis. Et des soucis, il y en a plein ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

Oni-quoi ? ;-)
Merci à toi pour ton petit mot ! ^^
Effectivement, je crois que dans l'histoire il faut rester souder et éviter les clivages que nous rencontrons trop souvent au sein même de notre profession !

c'est l'infirmière a dit…

Merci ! ^^ Ce mec à la cravate a squatter toutes les voitures d'IDEL ce matin à ce que je vois !
Je sens la grogne montée en nous toutes, pourvu que l'on en obtienne quelque chose de constructif pour l'avenir de notre profession !

c'est l'infirmière a dit…

Merci ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

Merci Claude pour tous ces jolis mots qui réchauffent le cœur ! ^^

c'est l'infirmière a dit…

Merci à toi et bonne retraite bientôt ! ^^

Anonyme a dit…

J'ai découvert votre blog grâce au partage de Claude : votre plume est passionnante et pleine d'humour même lorsque vous êtes tantôt révoltée, tantôt résignée, mais par dessus tout paradoxalement comblée par cette vocation qu' est la votre.
Vos écrits mériteraient d'être receuillis dans un bouquin, vraiment !

Anonyme a dit…

j'ai relayé ton coup de gueule sur twitter on devrait faire un #jecoutetrop cher :)

Anonyme a dit…

Infirmière libérale durant 33 ans et en retraite tout a fait d'accord et les choses ne changent pas les honoraires non plus toujours aussi ridicules
par contre les charges elles flambent et au bout du compte 1200 euros de CARPIMKO cherchez l'erreur !!!!!!!
Simplement écoeurant il y a de quoi tout faire péter mais cela n'a jamais été dans notre naturel !!!!!!!!
courage a vous toutes qui continuez
Une vieille infirmière de tout coeur avec vous

Anonyme a dit…

Bravo la situation est bien résumée ! Ce gouvernement ne sait plus quoi faire pour tout foutre en l'air sur notre dos et celui des patients .
C'est tellement facile de juger un travail que l'on ne connaît absolument pas bien à l'abri dans un bureau sans doute luxueux, sans se casser le dos, car oui nous travaillons souvent dans conditions qui ne sont pas optimales , sans compter les caprices de la météo lorsque nous sillonnons les routes de campagne. Qu'ils aillent se confronter aux (difficiles) réalités de notre métier ces donneurs de leçons à la noix !!!!
Au fait ils coûtent combien tous ces guignols pour leur prose débile?

Anonyme a dit…

bravo , bravo , quelle belle écriture sur votre ressenti , devant l'inacceptable , cette lettre mériterait d'être publiée en haut lieu. je vous soutiens a 100%, j'ai une fille infirmière libérale et je travaille en facturation pour plusieurs d'entre vous c'est dire si je connais a la fois votre noble métier mais aussi vos galères, soyez unies dans ce combat et vos actes et vos paroles finiront par atteindre la bassesse de ceux d'en haut !!

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Unknown a dit…

👍🏼
Merci

Anonyme a dit…

Je suis tout à fait d'accord avec ton article, je suis IDEC en SSIAD et je me bats aussi pour vous au quotidien, je ne comprends pas cette façon de concevoir des soins à moitiés prix voir gratuit..Nos patients sont entiers et ont besoin de nous. Je travaille avec beaucoup d'IDEL et je leur fais entiérement confiance et travailler avec elles est un réconfort aussi. Notre collaboration est essentielle pour le patient, je milite un peu chaque jour contre cette société qui a laissé le systéme de santé dépérir et ne plus être une priorité. Ce systéme laisse des patients parfois fragiles sortir du milieu hospitalier car ils ne rapportent plus rien, et on nous tape dessus car au domicile il coute trop cher.... une plaisanterie.
Je suis en colére contre les yeux fermés de notre gouvernement et la non connaissance du domaine par notre chére ministre. Je l'invite à venir passer une journée avec nous, plongée dans le réél, loin de sa paperasserie et de son bureau, son bouclier. Qu'elle vienne rencontrer toutes ces familles, ces souffrances, cette misére sociale qui nous accompagne chaque jour.

Bref merci pour ton article je te soutien à 300%. Ton blog est une ressources importante pour moi.
En espérant de rencontrer un jour au détour d'un chemin.

Enregistrer un commentaire

Merci pour le petit mot ! ^^