mercredi 29 avril 2015

Coup de gueule infi' # 9 : Les homo' donneront leur sang le jour où ils ne seront plus sexuels...


Le don du sang par les hommes homosexuels, ça faisait un bout de temps qu'on y croyait. Et puis on a arrêté d'y croire et puis on y a cru à nouveau. Et puis aujourd'hui, le 29 avril 2015, la cour de justice de l'Union européenne a rendu son verdict et d'un coup, on y croit plus trop : 
" L'Europe autorise la France a exclure les hommes homosexuels de la liste des donneurs de sang."(cf. la décision de la cour de justice européenne)

Petit historique rapide de la lutte des homosexuels pour le droit de donner leur sang : 

- 20 juin 1983 : à l'heure de la découverte du VIH, création d'une circulaire interdisant le don du sang pour les homosexuel-le-s et les bisexuel-le-s (entre autre, car à l'époque la liste est aussi longue que les suspicions reposant sur les différentes populations touchées par le VIH)
- 1985 : l'affaire dite du "sang contaminée", ne permettra pas de lever cette circulaire... Bien au contraire, la méfiance est plus que de mise.
- 2004 : une directive européenne demande à ce que soit exclus du don "les sujets dont le comportement sexuel les expose au risque de contracter des maladies infectieuses graves transmissibles par le sang". Il n'est nul part question de la population homosexuelle proprement dite, c'est pourtant la lecture que semble en faire les autorités françaises.
- 12 janvier 2009 : un arrêté ministériel stipule que "les hommes ayant eu ou ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes ne sont pas autorisés à donner leur sang". 

L’Établissement Français du Sang (EFS) s’appuie aujourd'hui sur cet arrêté pour garantir la fameuse "sécurité transfusionnelle" tant questionnée. La sécurité transfusionnelle repose sur une étude et une problématique.
Selon une étude de l'Institut de Veille Sanitaire (INVS) de 2010, "Le risque d'exposition au VIH était donc 200 fois plus élevé lors d'une relation sexuelle entre hommes que lors d'une relation hétérosexuelle ou d'une relation entre femme". La problématique est posée par le principe de "fenêtre virologique". Pendant cette période de 10 à 20 jours après contamination, le virus est indétectable et donc indécelable dans les tests sanguins réalisés avant les dons. Le risque de transmission du virus est alors réel. Jusque là on est d'accord.

Mais ce n'est pas parce qu'on est homosexuel qu'on a le Sida. Et ce n'est pas parce qu'on est homosexuel qu'on a des pratiques à risque. Et enfin, il serait judicieux de faire une différence entre "pratique à risque" et "groupe à risque" qui représente une donnée réellement discriminante.

Toute le questionnement est là : "Ce principe de précaution ne serait-il pas une façon cachée de discriminer la population homosexuelle masculine ?". Être contre cette législation ce n'est pas autoriser tous les individus, y compris ceux représentant un risque, à donner leur sang. Être contre cette législation c'est lutter contre l'exclusion des hommes homosexuels dans leur ensemble sous prétexte qu'ils pourraient tous représenter un risque. 

Certains pays européen ont pris les devant et proposent une alternative : l'interdiction temporaire. Aux Royaume-Unis, depuis 2011, les hommes homosexuels peuvent donner leur sang moyennant un an d'abstinence. En Espagne, il faut attendre six mois et en Italie quatre mois après un rapport sexuel à risque. 

Le 29 Avril 2015, la France a pris une tout autre décision. Elle s'est basée sur une circulaire de la cour de justice Européenne, l'autorisant, en toute légalité, à exclure les hommes homosexuels du don de sang. Marisol Touraine est intervenu pour tenter de calmer ceux criant à une nouvelle discrimination en affirmant que " la discrimination des donneurs sur la base de leur orientation sexuelle était inacceptable et que seule la sécurité des receveurs pouvait justifier des limitations au don du sang."... La discrimination jamais, sauf si c'est pour la bonne cause ! 

Toutefois, elle propose notamment de modifier le questionnaire proposé au donneur en supprimant toute référence à l’orientation sexuelle et de ne citer que des comportements sexuels à risque et de substituer à l’exclusion définitive une exclusion temporaire de douze mois après le dernier comportement à risque.

Le don de sang autorisé pour les hommes homosexuel serait-il pour demain ? Réponse en Mai après la réunion avec l'ensemble des associations concernées !

2 commentaires:

chaourcinette a dit…

tu vas dire que je suis naïve, mais quand tu vas donner ton sang, ce dernier n'est pas analysé? j'ai toujours pensé qu'il l'était...et puis, c'est idiot cette loi, celui qui n'a pas envie de donner son orientation sexuelle peut les berner...non? quand tu te présentes, c'est pas marqué sur ton front que tu es homo...ou bi....ou tout autre chose ! et c'est pas un questionnaire qui va régler le problème !!
ça me bouffe ce genre de connerie ! à suivre ! bises et repose toi !!

c'est l'infirmière a dit…

Si si, tu as raison, le sang est bien analysé. Ce qui pose problème, c'est la fameuse "fenêtre virologique". Ces 10 ou 20 jours après le rapport à risque où le virus du VIH est bien présent, mais indétectable.
Le gros problème dans ces textes, c'est de parler de "groupes à risque" plutôt que de "pratiques à risque", car dans le premier cas, c'est clairement discriminant !

Enregistrer un commentaire

Merci pour le petit mot ! ^^